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E-reporting : définition, calendrier et fréquences

Benjamin

Benjamin

Rédacteur spécialisé fiscalité

10 min de lecture
E-reporting : définition, calendrier et fréquences

L'e-reporting est la transmission électronique à l'administration, via une plateforme agréée (PA), des données des opérations qui ne passent pas par une facture électronique entre entreprises françaises (ventes aux particuliers, opérations internationales) et, pour certaines prestations de services, des données d'encaissement. Il est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, et le sera au 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises, avec une fréquence de dépôt qui dépend de votre régime de TVA.

En bref

DéfinitionTransmission périodique de données de transaction et de paiement via une PA
Opérations viséesB2C (particuliers, associations non assujetties), B2B international, encaissements de services
GE et ETIObligatoire depuis le 1er septembre 2026
PME, TPE, micro-entreprisesObligatoire au 1er septembre 2027
Franchise en baseDépôt bimestriel civil (janvier-février, mars-avril…)
Sanction500 € par transmission, plafond 15 000 € par an (CGI, art. 1788 D)

Qu'est-ce que l'e-reporting, exactement ?

La réforme comporte trois volets (impots.gouv.fr) : la facturation électronique entre entreprises assujetties établies en France, l'e-reporting de transaction pour les ventes à des non-assujettis et les opérations avec l'étranger, et l'e-reporting de paiement pour les opérations dont la TVA est exigible à l'encaissement.

Pourquoi ce second dispositif ? Parce qu'une vente à un particulier ou à un client étranger ne génère pas de facture électronique « domestique » dont la plateforme pourrait extraire les données. L'e-reporting comble ce vide, avec un objectif affiché par l'administration : pré-remplir à terme les déclarations de TVA et mieux lutter contre la fraude.

VoletOpérationsCe qui est transmisRythme
Facturation électroniqueB2B entre assujettis établis en FranceLa facture elle-même ; la PA en extrait les donnéesAu fil de l’eau
E-reporting de transaction (B2C)Ventes et prestations à des particuliers ou associations non assujettiesDonnées cumulées par jour : HT par taux de TVA et TVAPériodique, selon le régime de TVA
E-reporting de transaction (international)Opérations avec des assujettis non établis en FranceDonnées facture par facture (date, numéro, HT par taux, taux…)Périodique, selon le régime de TVA
E-reporting de paiementPrestations dont la TVA est due à l’encaissementDate d’encaissement et montant encaissé par taux de TVAPériodique, selon le régime de TVA

Quelles opérations sont concernées par l’e-reporting de transaction ?

D'après la fiche officielle sur l'e-reporting de transactions et le tableau des opérations publié par l'administration, les opérations suivantes sont visées :

  • Les opérations B2C : ventes et prestations de services réalisées avec une personne non assujettie, par exemple un particulier ou une association à but non lucratif.
  • Les opérations B2B internationales : opérations avec un assujetti non établi en France (exportations, livraisons et acquisitions intracommunautaires, prestations de services intracommunautaires…), que le partenaire soit ou non identifié à la TVA en France.
  • Certains achats : le tableau officiel des opérations dans le champ prévoit un e-reporting par le destinataire établi en France, par exemple pour une acquisition intracommunautaire de biens ou l'achat d'une prestation auprès d'un prestataire établi hors de France.

Opérations exclues

Sont hors champ : les importations de biens (l'information provient des documents douaniers), les opérations exonérées de TVA et dispensées de facturation au titre des articles 261 à 261 E du CGI (santé, enseignement et formation…) et les opérations hors champ de la TVA (fiche e-reporting de transactions et FAQ « Je découvre », question 7.2).

Point important pour les indépendants : l'administration précise que toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, y compris les micro-entreprises, sont concernées par l'e-reporting lorsqu'elles réalisent ce type d'opérations (impots.gouv.fr, « J'approfondis mes connaissances »). Un artisan qui travaille chez des particuliers ou un freelance qui facture un client belge sont donc dans le champ. Pour le cas des particuliers, voyez notre guide facture électronique et clients B2C.

Quelles données faut-il transmettre ?

Pour les ventes aux particuliers (B2C)

L'e-reporting B2C est constitué de données cumulées par jour : chiffre d'affaires HT soumis à la TVA réparti par taux, et montant de TVA correspondant. Aucune donnée personnelle (nom du client, par exemple) n'est transmise. La fiche officielle cite notamment le SIREN du fournisseur, la période concernée, la mention de l'option pour le paiement de la TVA d'après les débits le cas échéant, la date et la catégorie des transactions (livraison de biens, prestation de services, vente à distance, TVA sur la marge).

Pour les opérations internationales entre professionnels

Les données sont identiques à celles de la facture électronique, transmises facture par facture, sauf le SIREN du partenaire non établi en France, remplacé le cas échéant par son numéro de TVA intracommunautaire ou un identifiant étranger : date d'émission, numéro unique de facture, total HT par taux, taux de TVA… Selon l'offre de votre plateforme, vous pouvez déposer la facture et laisser la PA extraire les données utiles, tout en continuant à envoyer la facture à votre client par le canal de votre choix (FAQ « Je découvre », question 9.1).

L'e-reporting de paiement : qui est concerné ?

L'e-reporting de paiement vise les opérations dont la TVA est exigible à l'encaissement, typiquement les prestations de services et les acomptes, lorsque l'entreprise n'a pas opté pour la TVA sur les débits et que l'opération ne donne pas lieu à autoliquidation (sous-traitance dans le bâtiment, par exemple). Il s'applique quel que soit le client : professionnel ou particulier, en France ou à l'étranger (impots.gouv.fr).

CasComment les données de paiement sont transmises
Prestation B2B en France avec facture électroniqueVia le statut « Encaissée » de la facture : numéro, date de paiement, montant encaissé par taux de TVA
Prestation B2B internationale sans facture électronique déposéeFlux périodique global, facture par facture : numéro, date, montant encaissé par taux
Prestation à des particuliers (B2C)Flux périodique de données agrégées par jour d’encaissement, par taux de TVA
Option pour la TVA sur les débits ou opération autoliquidéePas de données de paiement à transmettre

Ces modalités proviennent de la fiche « Données de paiement à transmettre » mise à jour en août 2026. L'obligation pèse sur le fournisseur qui encaisse : le client n'a rien à transmettre sur le paiement. Pour bien utiliser les statuts, lisez notre article sur le cycle de vie de la facture électronique.

Quel est le calendrier de l’e-reporting ?

L'e-reporting suit le calendrier de l'émission des factures électroniques (FAQ « Je découvre », question 8.1) :

  • Depuis le 1er septembre 2026 : grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire.
  • À partir du 1er septembre 2027 : PME, TPE et micro-entreprises, dont les auto-entrepreneurs.
  • Cas particulier : pour les opérations dont un assujetti non établi en France est le preneur redevable de la TVA, l'obligation s'applique au 1er septembre 2027 quelle que soit sa taille (FAQ « J'approfondis », question 3.2).

Anticiper la facture électronique ne déclenche pas l’e-reporting

Une TPE qui émet volontairement des factures électroniques avant 2027 n'est pas pour autant tenue à l'e-reporting : l'administration indique que l'entreprise peut entrer distinctement dans l'e-reporting, au plus tard le 1er septembre 2027 (FAQ « Je découvre », question 1.3).

À quelle fréquence transmettre ses données selon son régime de TVA ?

Contrairement aux factures, l'e-reporting ne se fait ni au fil de l'eau, ni quotidiennement. La fréquence dépend du régime d'imposition à la TVA. Voici le tableau officiel des fréquences et délais (mise à jour août 2026) :

Régime de TVATransaction : fréquenceTransaction : délaiPaiement : fréquencePaiement : délai
Réel normal mensuelPar décade (du 1 au 10, du 11 au 20, du 21 à la fin du mois)10 jours après la fin de chaque période : le 20, le 30 (sauf février) et le 10 du mois suivantMensuelleAvant le 10 du mois suivant
Réel normal trimestriel sur option (moins de 4 000 € de TVA par an)MensuelleAvant le 10 du mois suivantMensuelleAvant le 10 du mois suivant
Régime simplifié d’impositionMensuelleAu plus tard entre le 25 et le 30 du mois suivantMensuelleAu plus tard entre le 25 et le 30 du mois suivant
Franchise en base de TVABimestrielle civile (janvier-février, mars-avril…)Au plus tard entre le 25 et le 30 du mois suivant la fin de la périodeBimestrielle civileAu plus tard entre le 25 et le 30 du mois suivant la fin de la période

Régime simplifié : à surveiller

Dans ses fiches e-reporting, l'administration indique que ces informations seront mises à jour pour tenir compte de la suppression du régime simplifié d'imposition à compter du 1er janvier 2027 (fiche e-reporting de transactions). Vérifiez la version en vigueur sur impots.gouv.fr avant votre premier dépôt.

Quelles sanctions en cas de défaut d’e-reporting ?

Depuis la loi de finances pour 2026, l'article 1788 D du CGI prévoit une amende de 500 € par transmission en cas de manquement aux obligations de transmission des données de transaction (article 290) ou de paiement (article 290 A), plafonnée à 15 000 € par année civile. L'amende n'est pas appliquée pour une première infraction (sur l'année en cours et les trois précédentes) réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration.

Pendant la phase de démarrage, le guide pratique de la DGFiP ajoute qu'une difficulté temporaire d'e-reporting ne remet pas en cause la validité des factures ni le paiement, et que les sanctions ne sont pas appliquées automatiquement aux entreprises qui documentent leurs difficultés et régularisent. Il déconseille deux écueils : ne rien faire en attendant une solution globale, ou transmettre des données manifestement erronées sans dispositif de correction. Détail complet des amendes : sanctions de la facturation électronique.

Comment préparer l’e-reporting dans une petite entreprise ?

  1. Cartographiez vos clients : professionnels en France (facture électronique), particuliers (e-reporting B2C), clients étrangers (e-reporting international).
  2. Identifiez votre régime de TVA : il fixe la fréquence de vos dépôts.
  3. Repérez vos prestations de services payées à l'encaissement : elles déclenchent l'e-reporting de paiement.
  4. Enregistrez chaque encaissement avec sa date et son montant par taux de TVA : c'est la donnée clé du statut « Encaissée ».
  5. Choisissez un outil qui produit ces données et les transmet à une plateforme agréée : l'administration rappelle qu'un logiciel n'est pas indispensable, les PA pouvant proposer des services dédiés (FAQ « Je découvre », question 9.2).

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Conclusion

L'e-reporting complète la facture électronique pour tout ce qu'elle ne couvre pas : ventes aux particuliers, opérations internationales et encaissements de prestations de services. Déjà obligatoire pour les grandes entreprises et les ETI, il le sera pour les TPE, PME et auto-entrepreneurs au 1er septembre 2027, avec un rythme fixé par votre régime de TVA (bimestriel en franchise en base). La meilleure préparation consiste à enregistrer proprement vos ventes par type de client et vos encaissements dès aujourd'hui, dans un outil relié à une plateforme agréée.

Questions fréquentes

C'est la transmission électronique à l'administration, via une plateforme agréée, des données des ventes aux particuliers, des opérations internationales et, pour les prestations de services, des encaissements.
Oui, s'il réalise des opérations avec des particuliers ou des clients étrangers. L'obligation s'applique au 1er septembre 2027 pour les micro-entreprises. En franchise en base, la transmission est bimestrielle, au plus tard entre le 25 et le 30 du mois suivant la fin du bimestre.
Non. Pour le B2C, l'e-reporting porte sur des données cumulées par jour (montants HT par taux de TVA et TVA). Aucune donnée personnelle comme le nom du client n'est transmise.
Non. Les données servent notamment au pré-remplissage des déclarations de TVA, qui restent à déposer. L'e-reporting est une obligation de transmission de données distincte.
500 € par transmission, dans la limite de 15 000 € par année civile (article 1788 D du CGI). Une première infraction réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une demande de l'administration n'est pas sanctionnée.
Le fournisseur. Le client n'a aucune information de paiement à transmettre. Si la prestation a fait l'objet d'une facture électronique, les données passent par le statut « Encaissée » de cette facture.
Benjamin

Benjamin

Rédacteur spécialisé fiscalité

Spécialiste de la fiscalité des TPE et auto-entrepreneurs. Benjamin décrypte les réformes et leurs impacts concrets.

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