Trois formats de facture électronique sont autorisés en France : Factur-X (un PDF lisible qui embarque un fichier XML), UBL et CII (deux formats 100 % XML). Tous les trois respectent la norme européenne EN 16931 et constituent le « socle » de la réforme. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques ; les PME, TPE et micro-entreprises devront les émettre à partir du 1er septembre 2027. Ce guide compare les trois formats, explique lequel convient à votre activité et comment vos factures circulent via une plateforme agréée.
En bref
Réponse rapide : les 3 formats autorisés
En bref
Les formats autorisés sont Factur-X, UBL et CII, définis dans les spécifications externes publiées par la DGFiP. Pour un indépendant ou une TPE, Factur-X est le plus simple : vos clients ouvrent un PDF normal, et les logiciels lisent les données XML intégrées. Dans la plupart des cas, vous n'avez rien à choisir : votre logiciel de facturation génère le format et votre plateforme agréée le transmet.
| Format | En une phrase | Pour qui |
|---|---|---|
| Factur-X | PDF/A-3 lisible avec un fichier XML (syntaxe CII) intégré | Indépendants, TPE, PME |
| UBL | Fichier XML pur, standard international OASIS | Grandes entreprises, flux automatisés, échanges internationaux |
| CII | Fichier XML pur, standard UN/CEFACT | Échanges automatisés entre systèmes de gestion (ERP) |
Qu'est-ce qu'une facture électronique au sens de la loi ?
Attention à une confusion fréquente : une facture électronique au sens de la réforme n'est pas un simple PDF envoyé par e-mail. Elle doit être émise, transmise et reçue dans un format structuré ou mixte qui permet son traitement automatique, puis transiter par une plateforme agréée.
Concrètement, une facture électronique contient des données structurées (en XML) lisibles par des logiciels sans ressaisie. C'est ce qui la distingue d'un scan ou d'un PDF classique, qui ne contiennent qu'une image du document.
PDF classique ≠ facture électronique
Pour les opérations entre entreprises assujetties à la TVA en France, un PDF « image » envoyé par e-mail n'est pas une facture électronique conforme. Seuls les formats du socle (Factur-X, UBL, CII) transmis via une plateforme agréée le sont, selon le calendrier d'obligation de votre entreprise.
L'objectif de cette normalisation est triple : lutter contre la fraude à la TVA, simplifier les obligations déclaratives (à terme, pré-remplissage des déclarations de TVA) et fiabiliser les échanges entre professionnels grâce au suivi du statut de chaque facture.
Les 3 formats de facture électronique autorisés
La norme européenne EN 16931 définit le modèle de données d'une facture électronique (les informations qu'elle doit contenir et leur signification). En France, trois formats qui respectent cette norme composent le socle de la réforme. Ils portent les mêmes informations, mais sous une forme différente.
Factur-X : le format mixte (PDF + XML)
Factur-X est un format mixte (ou hybride). Il combine un PDF lisible par l'humain (au format PDF/A-3) et un fichier XML structuré intégré dans ce PDF. C'est le format le plus accessible : votre client lit la facture comme d'habitude, et son logiciel exploite les données automatiquement.
- Double lecture : le PDF se lit à l'œil, le XML est lu par les logiciels
- Norme franco-allemande : développée par la France (FNFE-MPE) et l'Allemagne (FeRD), équivalente à ZUGFeRD
- Plusieurs profils de richesse : Minimum, Basic WL, Basic, EN 16931 et Extended
- Adapté aux TPE/PME qui veulent une transition sans changer leurs habitudes
- Compatible avec les outils existants : un fichier Factur-X s'ouvre comme n'importe quel PDF
Attention aux profils allégés
Les profils Minimum et Basic WL ne contiennent pas toutes les données d'une facture. Les profils utilisables pour la réforme sont précisés dans les spécifications externes de la DGFiP et la norme AFNOR associée : vérifiez que votre logiciel produit un profil complet, conforme à la norme EN 16931.
UBL (Universal Business Language) : le standard international
UBL (Universal Business Language) est un format 100 % XML maintenu par le consortium OASIS (syntaxe UBL 2.1). Très répandu à l'international, notamment dans les réseaux d'échange comme Peppol, il ne comporte pas de rendu visuel natif : tout est en données structurées.
- Format purement structuré : données exclusivement en XML
- Standard international : utilisé dans de nombreux pays européens
- Riche en données : adapté aux transactions complexes et aux flux à fort volume
- Nécessite un logiciel pour être affiché sous forme de facture lisible
CII (Cross Industry Invoice) : le format UN/CEFACT
CII (Cross Industry Invoice) est un format XML issu des travaux des Nations unies (UN/CEFACT). Lui aussi purement structuré, il sert de base au format Factur-X : le fichier XML intégré dans un Factur-X utilise la syntaxe CII.
- Format purement structuré : XML uniquement, comme UBL
- Base de Factur-X : le XML d'un Factur-X suit la syntaxe CII
- Norme UN/CEFACT : standard des Nations unies pour le commerce électronique
- Surtout utilisé dans les échanges automatisés entre systèmes de gestion (ERP)
Tableau comparatif Factur-X, UBL et CII
Les trois formats sont équivalents sur le plan légal : ils transportent les mêmes données. Ce qui change, c'est la lisibilité, l'usage et le profil d'entreprise auquel ils conviennent le mieux.
| Critère | Factur-X | UBL | CII |
|---|---|---|---|
| Structure | Mixte : PDF/A-3 + XML intégré | XML pur | XML pur |
| Lisible sans logiciel | Oui (c'est un PDF) | Non | Non |
| Traitement automatique | Oui (XML intégré) | Oui | Oui |
| Origine / normalisation | FNFE-MPE et FeRD (France-Allemagne) | OASIS (international) | UN/CEFACT (Nations unies) |
| Usage typique | Facturation courante, envoi à des clients de toute taille | Flux automatisés, réseaux d'échange internationaux | Échanges entre ERP, base technique de Factur-X |
| Pour qui | Indépendants, auto-entrepreneurs, TPE, PME | Grandes entreprises, éditeurs, gros volumes | Entreprises équipées d'un ERP |
| Mise en œuvre sans logiciel dédié | Impossible en pratique (XML à générer) | Impossible en pratique | Impossible en pratique |
| Avec un logiciel de facturation | Généré automatiquement | Géré par le logiciel ou la plateforme | Géré par le logiciel ou la plateforme |
Faut-il utiliser le même format que votre client ?
Non. Les plateformes agréées doivent savoir traiter les formats du socle : vous émettez dans le format de votre logiciel, et la facture est acheminée vers la plateforme choisie par votre client. Vérifiez simplement que votre outil produit un format conforme.
Quel format choisir pour votre activité ?
Le choix dépend surtout de la taille de votre entreprise, de vos outils et de vos volumes. En pratique, la plupart des entrepreneurs n'ont pas à choisir : c'est leur logiciel de facturation ou leur plateforme agréée qui génère le bon format.
- Auto-entrepreneurs et TPE → Factur-X : simple, lisible et conforme
- PME avec des échanges B2B réguliers → Factur-X, ou UBL/CII si votre logiciel de gestion les produit nativement
- Grandes entreprises et flux automatisés → UBL ou CII, souvent générés par l'ERP
- Clients publics → la plateforme Chorus Pro accepte plusieurs formats structurés, dont Factur-X, UBL et CII
Votre logiciel de facturation fait le travail
Avec un logiciel comme Lio, vous n'avez pas à manipuler de XML. Lio génère vos factures au format Factur-X conforme à la norme EN 16931 : vous créez vos factures comme d'habitude, et les données structurées sont intégrées automatiquement. Vous pouvez aussi préparer une facture en langage naturel avec l'assistant IA de Lio (plans payants).
Plateforme agréée et PPF : comment circulent vos factures ?
Avoir une facture au bon format ne suffit pas : elle doit aussi transiter par une plateforme agréée (PA), anciennement appelée PDP (plateforme de dématérialisation partenaire). C'est le seul canal reconnu pour émettre et recevoir des factures électroniques entre entreprises.
Les plateformes agréées (PA)
Une plateforme agréée est un opérateur privé immatriculé par la DGFiP. Elle émet, reçoit et transmet les factures électroniques, extrait les données utiles à l'administration et gère l'e-reporting. Plus d'une centaine d'opérateurs figurent sur la liste officielle des plateformes agréées, mise à jour régulièrement. Pour le détail, consultez notre article sur la liste des plateformes agréées.
Le PPF (portail public de facturation)
Le PPF ne propose pas de portail gratuit pour créer et envoyer vos factures : ce projet initial a été abandonné. Il joue deux rôles : l'annuaire central, qui indique pour chaque entreprise la plateforme agréée qui reçoit ses factures, et le concentrateur qui transmet les données de facturation et de transaction à l'administration fiscale. Vous n'interagissez donc pas directement avec lui.
- Plateforme agréée : émission, réception, transmission des données, statuts de cycle de vie
- PPF : annuaire des destinataires et concentrateur des données pour l'administration
- Choix obligatoire : chaque entreprise passe par une plateforme agréée, directement ou via son logiciel
- Interopérabilité : les factures circulent entre plateformes agréées, quel que soit le format du socle
Lio et la facturation électronique
Lio s'appuie sur SuperPDP, plateforme agréée immatriculée par la DGFiP, pour transmettre vos factures électroniques : vous émettez et recevez depuis Lio, sans surcoût au-delà de votre abonnement (CGU E-Facturation).
Réception depuis 2026, émission en 2027 : que faire maintenant ?
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises et ETI les émettent déjà. Les PME, TPE et micro-entreprises (auto-entrepreneurs compris) devront émettre à partir du 1er septembre 2027 (calendrier officiel). Voici les étapes concrètes.
- Vérifiez votre réception : assurez-vous qu'une plateforme agréée reçoit vos factures fournisseurs (voir notre article sur l'obligation de réception)
- Adoptez un logiciel qui génère un format du socle : Factur-X, UBL ou CII, conforme à la norme EN 16931
- Mettez à jour vos données clients : SIREN, adresse de livraison si différente, nature des opérations
- Testez l'émission avant votre échéance de septembre 2027 si vous êtes une PME, TPE ou micro-entreprise
- Suivez les statuts de vos factures (déposée, rejetée, encaissée…) pour relancer plus vite
Des sanctions désormais chiffrées
La loi de finances pour 2026 prévoit une amende de 50 € par facture non émise sous forme électronique et de 500 € par transmission manquante d'e-reporting, avec un plafond de 15 000 € par an, ainsi qu'une procédure de mise en demeure en l'absence de plateforme agréée pour la réception (source officielle). Détails dans notre article sur les sanctions de la facturation électronique.
Émettez vos factures Factur-X avec Lio
Lio génère des factures au format Factur-X conforme à la norme EN 16931 et les transmet via une plateforme agréée. Commencez gratuitement.
Essayer Lio gratuitementConclusion
La facturation électronique repose sur trois formats normalisés : Factur-X, UBL et CII, tous conformes à la norme EN 16931. Pour la grande majorité des indépendants et des TPE, Factur-X est le choix le plus simple grâce à sa double lecture (PDF + XML). La réception est obligatoire pour toutes les entreprises depuis le 1er septembre 2026 ; pour l'émission, les PME, TPE et micro-entreprises ont jusqu'au 1er septembre 2027. L'essentiel : un logiciel de facturation qui génère un format conforme et une plateforme agréée pour le transmettre.
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Léa
Rédactrice experte en gestion







